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16 hectares de terres agricoles sacrifiés

PAE des Jourdies : 16 hectares de terres agricoles sacrifiés pour une prétendue utilité publique

À Saint-Pierre-en-Faucigny, le projet d’extension du Parc d’Activités Économiques (PAE) des Jourdies sur 16 hectares de terres agricoles inquiète de plus en plus. Il s’inscrit dans une dynamique d’artificialisation galopante sur la Communauté de Communes du Pays Rochois, sans justification claire ni vision partagée. Nous avions dénoncé ce manque de justifications en déposant un avis (que vous pouvez trouver ici) lors de la concertation publique préalable.

Un court de tennis bétonné par jour : un territoire sous pression

Sur les dix dernières années, l’équivalent d’un court de tennis est artificialisé chaque jour sur la CCPR. Une cadence alarmante qui sape les efforts de préservation des terres agricoles et met à mal la recherche d’une résilience alimentaire territoriale. L’extension de la zone des Jourdies, qui viendrait s’ajouter à cette tendance, participe à un modèle d’aménagement du territoire aujourd’hui largement remis en question, y compris par la loi ZAN (Zéro Artificialisation Nette) qui impose une réduction de moitié de ces surfaces d’ici 2030.

Une “utilité publique” contestable et des projets déjà décriés

L’extension de la PAE des Jourdies est soutenue par une déclaration d’utilité publique, utilité publique invoquée au nom d’une prétendue forte pression de la part d’entreprises désireuses de s’implanter sur le territoire. Pourtant, aucune entreprise n’a été nommée, aucun besoin précis n’a été présenté publiquement, aucune estimation sur le nombre d’emplois créés n’a été partagée. Cette invocation de l’urgence économique sans preuve concrète laisse songeur, surtout quand les seuls projets évoqués à ce jour sont loin de faire consensus.

Deux équipements sont en effet régulièrement cités :

  • Une nouvelle déchetterie, alors même que celle de La Roche-sur-Foron voit son tonnage baisser. Pourquoi créer un doublon plutôt que renforcer ou adapter l’existant ?
  • Un abattoir départemental, déjà largement critiqué par de nombreux·ses élu·es ailleurs dans le département, et dont l’intérêt pour le territoire n’a jamais été clairement démontré.

Plutôt que de refléter une vision partagée du développement économique, ces projets alimentent les doutes sur la cohérence et la pertinence de l’aménagement proposé. Loin de rassurer, ils renforcent l’impression d’un projet précipité, et d’un manque de transparence.

Des agriculteurs pris à la gorge

Derrière ces 16 hectares, ce sont des exploitants agricoles qui voient leur avenir remis en question. Certains perdront leur label AOP Reblochon, faute de surface suffisante pour maintenir la certification. Des décennies de travail et de savoir-faire mis à mal pour des projets flous, au mépris des quelques engagements pris (PAT, ferme de Corbattaz) par ailleurs en faveur d’une alimentation locale et durable.

Le grand écart des élu·es : entre soutien aux agriculteurs et trahison

Difficile de ne pas pointer le double discours de certain·es élu·es qui, un mois, soutiennent le salon “Vaches en piste” au nom de la fierté agricole locale, et le mois suivant votent pour la disparition de terres agricoles de qualité.

Un vote qui dévoile les divergences

Fait rare : lors du dernier conseil communautaire, cinq élu·es ont voté contre ce projet et un s’est abstenu. Un signal clair qui témoigne de la fragilité du projet, du manque de consensus, et d’une méthode de décision qui mériterait d’être repensée.

Il est encore temps de changer de cap

La fuite en avant vers toujours plus d’artificialisation n’est pas une fatalité. Des alternatives existent : densification des zones existantes, réhabilitation des friches, soutien aux filières locales… À condition de replacer le dialogue, la transparence et l’intérêt général au cœur des décisions. Le Pays Rochois mérite mieux qu’un aménagement précipité et sans données confirmant leur soit-disante utilité publique.

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